1018. Le retour de l'université dans le centre comme projet structurant pour Liège et sa région

Par Pierre-François Wilmotte

Urbanisme et aménagement du territoire, Mobilité, Transition climatique, Enseignement, International, Finances

Bressoux - Droixhe, Tous les quartiers

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  • Le Sart-Tilman est un échec urbanistique pour deux raisons : d'une part, il n'a pas permis de lutter contre la périurbanisation (plutôt l'inverse autour de l'ULiège et dans les communes autour) et, d'autre part, les problèmes d'accessibilité restent insolubles (trop éloigné du centre). Enfin, loin d'avoir permis l'émergence d'un esprit de campus, le Sart-Tilman est mort 1 jour sur 2 durant l'année.

    Par contre, l'université a un rôle moteur essentiel pour dynamiser la ville, ramener une population fuyant le centre, dynamiser l'économie locale (spin-off et consommation locale) pour être l'unique option pour redonner de l'attractivité essentielle à la Ville de Liège dans le contexte de déclin de l'attractivité résidentielle, commerciale (qui se poursuit).

    Le retour des activités universitaires pourraient s'étaler dans le temps et dans l'espace avec une focalisation sur Droixhe-Bressoux pour plusieurs raisons :

    - Economique : ramener de l'activité dans le centre, du mouvement mais aussi de la création de valeurs avec des entreprises qui ont besoin des interactions typiques des milieux urbains denses (activités créatives, services). Les projets urbains peuvent aussi générer de l'emploi local via la construction et l'isolation (pour autant que les sociétés locales emploient des travailleurs ... Locaux)

    - Social : ramener de la mixité sociale dans un contexte de poursuite de la périurbanisation des ménages et lutter contre la peur/dégoût de la ville, un sentiment réel d'une part non-négligeable de périurbains. Favoriser aussi les espaces où les gens différents se voient, se rencontrent...

    - Mobilité : la relocalisation permettra un réel report modal vers les transports en commun et les modes doux, IMPOSSIBLE aujourd'hui et qui restera PEU ATTRACTIF même avec les bus à haut niveau de service envisagés par le PUM. À proximité de Bressoux, une gare bien desservie et quasi inutilisée pourrait ainsi être valorisée. Les transports en commun seront ainsi beaucoup plus rentables à km constant (tant SNCB que TEC).

    - Environnemental : le report modal ainsi que la reconversion du Sart-Tilman actuel en zone résidentielle (dense) doit s'avérer plus efficace en termes de lutte contre les émissions de CO2 que l'aménagement de la situation actuelle.

    - Métropole : l'amélioration de l'accessibilité de l'université est aussi un bénéfice pour les relations fortes avec les universités proches et partenaires (report modal), la reconversion urbaine engendrée est un bon moyen de restaurer l'image de la ville qui reste peu flatteuse aujourd'hui.

    - Budget : les moyens doivent être vus de manière plus large : les économies dans les bus/trains (devenus plus rentables) peuvent être mobilisés pour le projet urbain. Il est évident que l'université doit être épaulée et accompagnée dans une telle opération car les retombées ne sont pas uniquement pour l'université mais pour toute la collectivité.

    - Rassembler : enfin travailler collectivement autour d'un projet mobilisateur et transversal à l'échelle d'un territoire de vie, pas uniquement centré sur les liégeois urbains mais en incluant toute la métropole dans le projet. De manière plus générale, il s'agit de prendre en compte la dimension urbaine et territoriale des institutions d'enseignement supérieur pour la dynamisation d'un territoire.