1149. Le site de la Chartreuse est choisi comme modèle de la réussite de la transition écologique et climatique de la Ville

Par Un Air de Chartreuse

Urbanisme et aménagement du territoire, Transition climatique, Proximité, Culture et patrimoine, Participation

Amercoeur - Longdoz, Bressoux - Droixhe, Grivegnée-haut

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  • Densifier, préserver, respirer

    La Ville nous répète que Liège doit se densifier (plus d’habitants = plus de logements). Admettons.

    En contrepartie, et pour éviter d’intégrer la liste des villes européennes anxiogènes et polluées qui ne donnent plus l’envie d’y vivre, Liège doit impérativement préserver ses espaces verts, dont le parc de la Chartreuse. Dominant une rive droite de la Meuse ultra-bétonnée, la Chartreuse offre en effet à des milliers de Liégeois un accès direct à une forêt urbaine, à 10 minutes de chez eux, sans recours à la voiture.

    Malheureusement, un projet de construction pèse sur le site (400 logements, en 3 phases). Par conséquent, nous proposons que la Ville acquiert la partie menacée du site, ou l’échange contre un terrain sans enjeu environnemental, historique, culturel, ou touristique. La zone de parc passerait ainsi de 17 à 35 hectares, parfait exemple de l’engagement de la Ville à densifier Liège tout en la rendant encore plus agréable, d’agir contre le réchauffement climatique, et d’améliorer la qualité de l’air.

    Face aux enjeux sociétaux et environnementaux, la préservation d’un poumon vert aussi tonique que la Chartreuse sera indiscutablement plus bénéfique pour Liège qu’un nouveau quartier sans âme.

    Verduriser la Ville en respectant la biodiversité

    Préserver l’ensemble du site de la Chartreuse, classée  « Site de Grand Intérêt Biologique », est une décision importante dans la lutte contre la destruction de la biodiversité, dont les conséquences sont aussi néfastes pour l’être humain que les effets du réchauffement climatique.

    Puisque la nature y a repris ses droits depuis le départ de l’armée il y a 30 ans, nous proposons de jouer à fond la carte de la végétalisation des anciens bâtiments militaires, aujourd’hui en ruine. Cette végétalisation, à laquelle pourront facilement s’ajouter de petits projets pédagogiques en lien avec l’agriculture urbaine et l’alimentation durable réduira l’attrait que l’état des bâtiments exerce actuellement sur certains, et de sécuriser le site tout en sauvant le fort, répertorié à l’Inventaire du patrimoine culturel immobilier, et dont le classement est proposé par la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles au ministre wallon en charge du Patrimoine.

    La Chartreuse en mode doux

    Agrandir le parc de la Chartreuse donnera la possibilité d’exploiter cette liaison naturelle entre plusieurs quartiers (Chartreuse, Péville, Oblats, Amercoeur, Grétry, Robermont, Grivegnée Haut, Bressoux Haut).

    Nous proposons un premier type d’aménagements sur l’ensemble du site pour y développer la mobilité douce. Ces aménagements permettront aux riverains de privilégier d’autres modes de locomotion, notamment lors de leurs déplacements « domicile-école/travail », « domicile-commerces », etc.

    Nous proposons également un second type d’aménagements, qui connecteront le site de manière sécurisée au maillage des cheminements doux du centre-ville (RaVel, quais de la Meuse, navette fluviale, tram), offrant une véritable alternative aux piétons et cyclistes, qui tentent actuellement de survivre sur la N3 à côté des voitures qui les frôlent à plus de 50 km/h.

    Renforcer l’attractivité de Liège

    Classée en tant que Site pour sa valeur esthétique et scientifique, la Chartreuse est étroitement liée à l’histoire de Liège. Sa position stratégique, et son histoire religieuse et militaire, ont laissé de nombreuses traces. En témoignent le fort de la Chartreuse, construit par les Hollandais avec les pierres de la Cathédrale Saint-Lambert, le couvent des moines Chartreux, dont les colonnes ornent la façade de l’Opéra, ou encore la ligne des remparts, et le bastion des Fusillés.  

    Méconnue des Liégeois, la Chartreuse attire quotidiennement touristes (hollandais) et photographes. Nous proposons que la Ville exploite les qualités exceptionnelles du site en l’intégrant davantage aux circuits touristiques culturels et mémoriels.

    Favoriser le vivre-ensemble

    Bien commun à plusieurs quartiers, la Chartreuse est un espace partagé dans lequel nous devons veiller à vivre harmonieusement et de manière apaisée.

    Y imposer de manière intelligente le respect des règles de vie en société est d’autant plus important que la Chartreuse souffre d’un déficit d’image et de reconnaissance. Il semble en effet que tout y soit permis (dépôts clandestins, dégradations, graffitis, campements sauvages, …). La propreté, notamment, est un combat au quotidien.

    Les quartiers qui ceinturent le site accueillant plusieurs écoles, des mouvements de jeunesse, des mouvements citoyens, et deux maisons de repos (Val d’Or, Chartreuse), nous proposons d’impliquer toutes les catégories de la population dans la gestion et la mise en valeur du site afin de stimuler notre capacité à vivre ensemble (voir l'exemple de Central Park à New-York).  

    En conclusion :

    Étendre le parc de la Chartreuse aura un coût. Sans doute, mais la situation actuelle coûte également très cher à la Ville (publicité négative, diverses tentatives de sécurisation, ramassage régulier de dépôts clandestins, …). D’autre part, autoriser l’amputation de la Chartreuse (perte irréversible) au profit d’un projet immobilier fortement contesté par les Liégeois (gain rapide) annulera les retombées positives de cette participation citoyenne au Projet de Ville.

    Choisir la Chartreuse comme modèle de la réussite de la transition écologique et climatique de la Ville doit donc être vu comme un investissement à long terme, avec un retour environnemental (maillage vert, biodiversité), économique (image, attractivité), et sanitaire (bien-être, qualité de l’air).

    Merci pour votre soutien.

    Un Air de Chartreuse

     

    En savoir plus sur notre (ré)action citoyenne ?

    Rendez-vous sur notre site www.chartreuse-liege.be

     

     

     

     

     

Philippe Tossens a écrit :
12/06/2019 19:34

Beau projet que de maintenir les derniers espaces verts liégeois!

armony Vdv a écrit :
17/06/2019 23:01

Il est important de préserver ce site! Tant pour les riverains qui prennent une bouffée d’oxygène quotidien mais surtout pour préserver la faune et la flore que nous sommes occupés à détruire chaque jour un peu plus! Laissez-nous notre poumon!

Stéphane DECLERCQ a écrit :
20/06/2019 11:53

J'habite à coté du site et oui, je pense qu'il est important de le préserver (et ce malgré certains visiteurs). Le quartier deviendra étouffant sans cet espace vert, il est indubitablement l'un des éléments qui ont pesé dans mon choix de logement.

JEAN PAUL E. PIRARD a écrit :
21/06/2019 16:38

Le projet accepte l'augmentation de la population dans l’Arrondissement de Liège et le besoin en nouveaux logements.
On peut douter de la pertinence des prévisions du PUM (Plan Urbain de Mobilité) et du SDALg (Schéma de Développement de l'Arrondissement de Liège).
Dans le PUM, on peut noter :
P. 10. Qu’en 2017, la population de l’arrondissement de Liège est similaire aux années 1970, tandis que la ville de Liège a perdu plus de 20% de sa population entre 1970 et 2017.
P. 12. On annonce qu’il y aurait 45.000 habitants en plus et 30000 ménages en plus d’ici 2035.
Selon cette hypothèse, chaque ménage serait composé de 1,5 habitants, soit 15.000 ménages avec un seul habitant et 15.000 ménages avec deux habitants. Ceci voudrait dire qu’on a, à Liège, des personnes seules, des couples sans enfant ou des familles monoparentales avec un seul enfant !
La taille moyenne est actuellement de 2,19 habitants par ménage (P. 10) , sans prendre en compte les familles monoparentales avec garde alternée, ni les familles recomposées avec garde alternée. Les enfants sont domiciliés chez l’un des deux parents alors qu’ils vivent une semaine sur deux chez chaque parent. Tout doit être en double. Par conséquent, on a besoin de beaucoup moins de logements qu’annoncé, mais ceux-ci doivent être de taille suffisante.
Que fait-on des familles avec 2 ou 3 enfants et leurs parents ? Même si la taille moyenne descend à 2 habitants par ménage, 45.000 logements (ménages) correspondrait à 90.000 habitants en plus à loger dans l’agglomération liégeoise et non 45.000.
P. 57 et P. 72. on annonce qu’en 2035, le besoin de nouveaux logements supplémentaires serait de l’ordre de 45.000 logements ( et non 30.000 comme annoncé P. 12). C’est-à-dire un logement neuf par habitant. C’est comme cela qu’on justifie 15.000 nouveaux logements sur la commune de Liège ! Tout ceci veut dire aussi qu’on ne rénove aucun logement à Liège.
C’est totalement absurde.
La contradiction dans le PMU entre ces deux données essentielles (30.000 ou 45.000 logements, 45.000 ou 90.000 habitants supplémentaires) montre à quel point ces estimations ne semblent pas étayées alors que tout le PUM est basé sur celles-ci.
Rien dans le dossier ne justifie cette explosion de la population.
Que valent dans ces conditions le SDALg et le PUM ? On peut se poser la question. Mais, on peut en conclure qu’on a besoin de beaucoup moins de logements qu’annoncé dans le SDALg et dans le PUM.

Caroline Thomas a écrit :
24/06/2019 09:35

Beau projet, soutenu par des personnes de qualité et de cœur!